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Full Moon wo sagashite : le shojo émouvant et philosophique d’Arina Tanemura

Tenteriez-vous d’accomplir votre rêve s’il ne vous restait qu’un an à vivre ? C’est le problème auquel doit faire face Mitsuki, 12 ans, l’héroïne du shojo manga Full Moon wo sagashite. Entre maladie et rivalités naissantes, la jeune fille va devoir affronter de nombreuses épreuves pour arriver à devenir chanteuse. Sous ses allures colorées et kawaï, ce manga plus profond qu’il n’y parait pourrait bien vous surprendre.

À douze à peine, la vie de Mitsuki est déjà bien compliquée. La jeune fille, privée de ses parents, est élevée par une grand-mère autoritaire. Eichi, son meilleur ami d’enfance, qui lui a révélé sa flamme, a déménagé pour les Etat-Unis. En prime, alors que son rêve est de devenir une chanteuse renommée, Mitsuki est atteinte d’une tumeur à la gorge. Une opération pourrait bien la sauver, mais lui ferait perdre l’usage complet de ses cordes vocales, ce que la fillette refuse. Loin de se laisser abattre, elle va saisir l’occasion de concrétiser son rêve lors d’une audition.

full-moon-shinigamiTout bascule quand deux shinigami, les envoyés de la mort, apparaissent devant Mitsuki. Meroko, jolie fille aux oreilles de lapin, et Takuto, garçon à l’allure féline, lui annoncent qu’elle n’a plus qu’un an à vivre. Apitoyé par le destin tragique de Mitsuki, le duo décide de lui donner un coup de main afin qu’elle réalise son rêve dans le laps de temps qu’il lui reste. Grâce à leurs pouvoirs magiques, ils permettent dorénavant à la fillette chétive de se transformer en Full Moon, une jolie jeune fille à la voix puissante et envoûtante.

Mais la route est longue et les obstacles nombreux avant de pouvoir devenir une artiste accomplie. L’ambitieuse Madoka, prête à tout pour briller sur le devant de la scène, n’hésite pas à venir mettre des bâtons dans les roues de Full Moon. Meroko non plus ne voit pas d’un très bon œil le rapprochement entre son coéquipier et la jeune fille. Jalousie, rivalité, trahison, Mitsuki va vite découvrir l’envers du décor de ce monde de paillettes. Mais en devenant une star, elle pourrait attirer l’attention d’Eichi qu’elle a perdu de vue depuis deux ans…

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L’histoire n’est pas seulement centrée sur le personnage de notre héroïne car au fil de notre lecture, les liens entre les différents protagonistes se dévoilent. On apprend ainsi que les shingami ont hérité de leur mission de messagers de la mort pour s’être suicidés de leur vivant. Les parcours de vie tragiques de Takuto et Meroko ne plongent jamais l’oeuvre dans le pathos car l’auteur Arina Tanemura alterne avec brio les passages sombres et comiques. Comme dans tout shojo manga qui se respecte, la romance est également au rendez-vous avec le triangle amoureux MitsukiEichiTakuto.

On se laisse vite entraîner par le scénario et on dévore les sept volumes de cette série parue aux éditions Glénat au début des années 2000. Le gros point fort de la série réside surtout dans la beauté des dessins d’Arina Tanemura. Le trait est fin et détaillé si bien que chaque page ressemble à véritable œuvre d’art. Le travail des trames et les jeux de tonalités renforcent encore un peu plus l’esthétique du manga. Full Moon wo sagashite a également bénéficié d’une adaptation en dessin animé. Les cinquante-deux épisodes qui la composent vous permettront de revivre la fulgurante ascension de Full Moon, alias Mitsuki.

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Si le scénario de Full Moon wo sagashite peut sembler déjà-vu, il n’en est rien ! Loin d’être une banale histoire de chant, ce shojo manga nous expose des personnages attachants, qui font face aux difficultés de la vie. Amitié, amour mais également résilience, Arina Tanemura s’applique à nous livrer un récit original et magnifiquement bien exécuté. À découvrir de toute urgence si ce n’est pas déjà fait !

La terre est ma patrie et l’humanité, ma famille

— Khalil Gibran