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Découvrez les origines d’Alice au pays des merveilles à travers l’histoire de la fillette qui inspira Lewis Carroll

Vous connaissez certainement l’oeuvre animée de Disney ou le livre éponyme de Lewis Carroll. Mais saviez-vous que pour donner vie à son héroïne, le jeune écrivain s’était inspiré de l’une de ses connaissances ? C’est un beau jour d’été que le mathématicien de métier entreprit d’écrire ce récit à la demande d’une certaine mademoiselle Liddell. Faites connaissance avec la véritable Alice et découvrez les origines de ce célèbre livre aux merveilles.

Oxford, le 4 juillet 1862. Un jeune mathématicien du nom de Charles Dodgson – connu sous son nom de plume Lewis Carroll – embarque à bord d’un bateau avec un groupe d’amis, dans l’idée de prendre le thé sur la berge de Godstow. L’assemblée d’amis était constituée de Carroll, son ami le révérend Robinson Duckworth et les trois petites soeurs d’Harry Liddell (ami de longue date du mathématicien), prénommées Edith (8 ans), Lorina (13 ans) et Alice Liddell (10 ans). Chargé de divertir les jeunes demoiselles, Lewis Carroll entreprit de leur conter une histoire tout droit sortie de son imagination. Le récit relatait l’histoire d’une petite fille nommée Alice, perdue dans un monde merveilleux et ses rencontres avec des êtres fantasques. La petite Alice Liddell fut si envoûtée par l’histoire contée par Carroll, qu’elle lui demanda à ce qu’il couche ce récit sur papier, pour le lui offrir. Le jeune écrivain en herbe tint sa promesse et lui envoya un manuscrit sous le titre Les Aventures souterraines d’Alice.

 

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Au printemps 1863, le manuscrit arriva jusqu’aux mains de George MacDonald (un écrivain pasteur calviniste). Ami de longue date de Dodgson, son avis fut décisif pour la future carrière d’écrivain du mathématicien. MacDonald le lut à ses propres enfants, qui en furent enchantés.

Encouragé, Charles Dodgson peaufina son texte dans le but de le publier. Il changea le titre pour Alice au pays des merveilles, ajouta la cultissime scène du Chapelier fou et du lièvre de Mars ainsi que le personnage du Chat du Cheshire. Après toutes les modifications, le manuscrit faisait pratiquement le double de son premier jet.

 

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Admiratif de la beauté de la petite Alice Liddell, il avait pour habitude de la prendre en photo. Boudeuse ou en pleine séance de jeu, Lewis Carroll immortalisa la petite fille pour s’en inspirer durant l’écriture de son manuscrit. Son admiration pour la jolie Alice le mêla par la suite à de nombreuses controverses.

Certains historiens, comme Martin Gardner, évoqueront l’obsession de Lewis pour cette jeune fille en indiquant qu’il continua à la photographier lorsqu’elle atteignit l’âge adulte. Dans une correspondance, l’écrivain admit n’avoir jamais retrouvé l’étincelle d’Alice parmi les nombreux enfants qui l’entouraient.

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Malgré son inspiration , les deux Alice sont très différentes. En effet si ses illustrations dans Les Aventures souterraines d’Alice étaient directement basées sur la petite fille, il s’avère que Lewis Carroll aurait finalement choisi la cadette, Edith Liddell pour les traits de son héroïne. Néanmoins il y a trois éléments issus des deux livres de Carroll (Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir) qui lient directement le personnage principal à la petite Alice Liddell.

Tout d’abord, il situa les histoires le 4 mai et le 4 novembre, les jours d’anniversaire et de demi-anniversaire de la petite fille. Ainsi dans l’oeuvre De l’autre côté du miroir, qui se déroule un 4 novembre 1871, le personnage déclare avoir 7 ans et demi, soit exactement le même âge qu’Alice Liddell à la même date. Ensuite, il dédicaça ses deux oeuvres à la fillette : “ to Alice Pleasance Liddell”. Enfin, l’auteur eut l’idée d’insérer un poème en acrostiche à la fin de son livre De l’autre côté du miroir. De cette manière, lorsque vous lisez la première lettre de chacun de ses vers, vous constaterez que cela constitue le nom et le prénom de la petite Liddell.

 

A boat beneath a sunny sky,

Lingering onward dreamily

In an evening of July–

Children three that nestle near,

Eager eye and willing ear,

 

Pleased a simple tale to hear–

Long has paled that sunny sky:

Echoes fade and memories die.

Autumn frosts have slain July.

Still she haunts me, phantomwise,

Alice moving under skies

Never seen by waking eyes.

Children yet, the tale to hear,

Eager eye and willing ear,

 

Lovingly shall nestle near.

In a Wonderland they lie,

Dreaming as the days go by,

Dreaming as the summers die:

Ever drifting down the stream–

Lingering in the golden gleam–

Life, what is it but a dream?

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La jeune Alice Liddell grandit et se maria au riche joueur de cricket Reginald Hargreaves à l’âge de 28 ans. Durant la plus grande partie de sa vie, la jeune femme fut très active dans les cercles de la haute société. Elle eut trois fils qui furent tous tués sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale et mourut de vieillesse à l’âge de 80 ans.

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Alice Liddell inspira de nombreux autres auteurs tels que Mélanie Benjamin pour sa nouvelle “Alice I Have Been” ou encore Stéphanie Bostler pour sa compilation de poèmes basés sur la fillette, “White Stone”. Tous fascinés par sa personnalité et sa beauté, leurs écrits évoquent l’enfance et l’insouciance que représente la petite fille. Lewis Carroll reste cependant le plus célèbre et son oeuvre la mettant en scène, la plus plébiscitée. Que vous inspirent les énigmatiques photographies d’Alice Liddell ?

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