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Révoltant : l’Afrique du Sud souhaite autoriser le commerce de cornes de rhinocéros

Alors qu’un rhinocéros blanc a été sauvagement abattu et dépouillé de sa corne dans le zoo de Thoiry, l’Afrique du Sud vient de prendre une décision choquante. Le pays veut légaliser le commerce de la corne de rhinocéros, et ce, même si l’espèce est dangereusement menacée. Une décision qui alerte les associations de défense des animaux qui voient dans cette mesure une manière d’accélérer le massacre des rhinocéros.

Pourquoi le pays veut légaliser ce commerce ?

Le gouvernement sud-africain réfléchit actuellement à un programme permettant à la fois le commerce intérieur mais également des exportations limitées de cornes de rhinocéros. Il permettrait entre autre à un étranger d’exporter « à des fins personnelles » au maximum deux cornes de rhinocéros. L’idée a d’ailleurs été soumise à un vote général de 30 jours pendant lequel le public a été invité à exprimer ses opinions sur ce dernier. Cette période a pris fin vendredi 10 mars et elle pourrait avoir un rôle déterminant dans son application.

Quelle est la situation des rhinocéros en Afrique du Sud ?

Ironiquement, la majorité des rhinocéros présents à l’état sauvage vivent en Afrique du Sud. Selon certaines estimations, le pays compterait 20 000 individus, soit 80 % de la population africaine de rhinocéros. Mais en 2016, les braconniers ont tué pas moins de 1 544 rhinocéros en Afrique du Sud

Bien que les autorités aient attribué cette diminution à une sécurité accrue et à d’autres mesures anti-braconnage, certains spécialistes de la conservation pensent qu’il y a également moins de rhinocéros à tuer. Si certains vivent dans des réserves et sont donc protégés, la plupart sont encore victimes du braconnage car leur corne reste très prisée. Pourtant, le pays a par le passé tout fait pour protéger les animaux.

Qu’a fait l’Afrique du Sud par le passé pour protéger les rhinocéros ?

Depuis 1977, le commerce international des cornes de rhinocéros est interdit dans le pays et en 2009, il a mis en place un moratoire sur le commerce intérieur. Le gouvernement sud-africain a d’ailleurs dû lutter pour préserver cette interdiction contestée par les éleveurs de rhinocéros. Si les animaux ont été victimes d’abattages records au cours des dix dernières années, ce projet pourrait davantage favoriser le braconnage et c’est ce qui divise les opinions.

Une situation qui divise

Selon les opposants au projet, cette légalisation encouragera le braconnage alors que les cornes obtenues illégalement sont blanchies sur le marché légal, tout comme l’ivoire d’éléphant. Les éleveurs soulignent d’ailleurs le fait que les interdictions internationales ont rendu les cornes très précieuses notamment sur le marché asiatique. Toutefois, les professionnels y voient une manière de réglementer ce commerce, ce qui révolte les défenseurs des animaux.

Allison Thomson, un militant sud-africain contre la légalisation, a déclaré que mettre des cornes de rhinocéros sur le marché augmenterait la demande et que l’Afrique du Sud envoie des « messages contradictoires » sur la façon de faire face au braconnage, mettant en péril son tourisme axé entre autres sur les safaris. Elle a ajouté en précisant que  » le risque que nous courons à l’heure actuelle est que si nous ouvrons le commerce et que le braconnage s’aggrave, nous n’aurons pas de rhinocéros dans la nature. Nous aurons seulement des rhinocéros dans les fermes, cultivés comme des vaches « .

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