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Le séquencage du plus vieux génome humain prouve que l’Homo sapiens et le Néandertal se sont mélangés

Des scientifiques ont fait une découverte passionnante ! En séquençant le génome d’un homme vieux de 45 000 ans, ils ont non seulement réalisé cette opération sur le plus vieil individu connu mais ont également déterminé que l’Homo sapiens possédait des gènes de Néandertal. Une trouvaille qui prouve que des métissages entre les deux espèces ont eu lieu il y a des dizaines de milliers d’années.

L’ADN d’un Homo sapiens vieux de 45 000 ans a été extrait d’un fémur très bien conservé. Les résultats de l’expérience ont révélé des fragments d’ADN provenant de l’Homme de Néandertal. Cela apporte la preuve que notre espèce s’est mélangée avec l’autre il y a longtemps et aide les chercheurs à déterminer quand.

En 2008, un fémur presque complet d’un homme adulte a été découvert sur les rives de la rivière Irtych, à côté du village Ust’-Ishim en Sibérie occidentale. Une équipe de scientifiques venus de Harvard et de l’institut Max Planck a séquencé le génome qui représente celui qui appartient au plus vieil humain jamais trouvé en dehors de l’Afrique et du Moyen-Orient. Son régime alimentaire était constitué principalement de plantes et de poisson. Son code génétique suggère qu’il n’a aucun descendant aujourd’hui.

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L’homme d’Ust’-Ishim est lié aux gens vivants hors d’Afrique, faisant de lui l’un des plus anciens membres de la population non africaine. Il a été comparé avec d’autres squelettes préhistoriques : un garçon vieux de 24 000 ans trouvé en Sibérie également et un homme de 8000 ans trouvé en Espagne. L’ancêtre est autant lié à l’un qu’à l’autre, ce qui signifie qu’il a vécu juste avant que les populations d’Asie se séparent en deux groupes, l’un allant vers l’ouest, l’autre vers l’est. « Cet individu est autant apparenté aux chasseurs-cueilleurs d’Europe que ceux de l’Asie du Nord, de l’Est ou que les indigènes des iles d’Asie du Sud », explique Qiaomei Fu, de l’université Harvard. Par rapport aux civilisations actuelles, il est pourtant plus proche des Asiatiques de l’Est que des Européens. Cela suggère que ces derniers ont hérité de certains de leurs gènes d’une autre source, inconnue, probablement une peuplade venue d’Afrique.

Les Néandertals étaient toujours présents en Eurasie lorsque l’homme était en vie. Il possédait très certainement un niveau similaire de caractéristiques néandertaliennes que les Européens et Asiatiques d’aujourd’hui (environ 2,3 % de son génome). Pratiquement tout le monde vivant en dehors d’Afrique possède entre 1,7 % et 2,1 % d’ADN de Néandertal. Mais étant donné que les segments ADN de l’homme de Ust’Ishim sont bien plus longs, le gène Néandertal de ses ancêtres a dû se partager entre 13 000 et 7000 ans avant cette époque de sa vie. Cela signifie que ses aïeux se sont métissés avec les Néandertals il y a environ 50 000 ou 60 000 ans. Cette époque est proche de la grande expansion des Homo sapiens hors d’Afrique et du Moyen-Orient.

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Les estimations précédentes faisant état du croisement de ces deux espèces parlaient d’une période allant de 37 000 à 86 000 ans. « Ce nouveau papier décrit définitivement que les hommes modernes, avec leur comportement moderne, se sont accouplés avec les Néandertals« , a déclaré David Reich, collègue de Qiaomei. Pour aller plus loin, en mesurant le nombre de mutations manquantes dans cet individu et en les comparant avec les gens d’aujourd’hui, l’équipe a trouvé qu’une à deux mutations par an se sont accumulées dans les génomes des populations européennes et asiatiques depuis que l’homme d’Ust’-Ishim a vécu. Ce ratio assez faible pourrait reculer la séparation entre l’Homo sapiens et le Néandertal de plusieurs centaines de milliers d’années.

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Cette étude est vraiment intéressante et nous en apprend plus sur nos origines anciennes. Il est assez troublant de se dire qu’à une certaine époque, il existait deux sortes d’humains complètement différentes. Espérons que la génétique nous apporte plus d’informations sur nos origines préhistoriques, c’est un sujet fascinant ! Pensez-vous qu’un jour nous percerons les mystères de nos origines ?

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