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Les adolescents accros aux SMS présentent les mêmes symptômes de dépendance que les addicts aux jeux d’argent

une-adolescente-telephone Deux adolescentes regardent leurs smartphones via Shutterstock

Aujourd’hui les adolescents ont constamment le nez collé à leur smartphone, au point d’en devenir totalement accros ! Préoccupés par leurs SMS jour et nuit, les jeunes gens finissent par rencontrer de réels troubles du sommeil, totalement dépendants, ils ne font même plus leurs devoirs. Les plus touchées sont les jeunes filles, les textos ne sont plus seulement une simple source de distraction, chez certaines d’entre elles, cela devient totalement compulsif. Une étude démontre que les adolescentes complètement accros aux SMS ont de nombreux points communs avec les joueurs compulsifs. SooCurious vous en dit davantage sur cette addiction qui touche toute une génération.

Kelly M. Lister-Landman est une psychologue qui s’intéresse de près à la relation qu’entretient l’adolescent avec son téléphone portable. Comment réagissent les adolescents lorsqu’ils n’ont pas leur téléphone près d’eux ? Lors d’un dîner familial se sentent-ils obligés de vérifier leurs messages ? Ressentent-ils un besoin compulsif de jeter un oeil régulièrement à leur smartphone au lieu de simplement répondre lorsqu’ils en reçoivent un ?

Envoyer des SMS est le moyen de communication préféré des adolescents, selon des chiffres publiés en 2012 dans Pew Internet & American Life Project, trois quarts des adolescents possèdent un téléphone portable et 63 % affirment envoyer des messages tous les jours. Le nombre de SMS envoyés par les adolescents par jour est d’environ 60, avec une moyenne de 100 pour les filles et de 50 pour les garçons. Ainsi, dans l’ensemble les jeunes filles envoient davantage de SMS que les garçons. Et contrairement aux filles, envoyer des textos n’a pas de réel impact sur les études de la plupart des jeunes garçons.

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Des adolescentes sur leurs téléphones via Shutterstock

Une étude de 2014 a démontré que plus les adolescents passent du temps sur Facebook plus leurs résultats en mathématiques sont mauvais. D’autres études ont montré que les étudiants qui écrivent des messages tout en faisant leurs devoirs ont des notes inférieures. De plus, les élèves qui envoient des SMS pendant les cours prennent des notes beaucoup moins détaillées et ne se souviennent généralement pas bien des sujets abordés en classe. En effet, une expérience a démontré que les étudiants qui s’abstiennent d’envoyer des textos lors d’un cours conservent plus d’informations et obtiennent des notes beaucoup plus élevées à leurs évaluations.

Être connecté en permanence sur Internet provoque également des troubles du sommeil. En effet, les étudiants se connectent tard la nuit et cela a un impact direct sur leurs devoirs, les obligeant à veiller plus tard pour les terminer. Des recherches montrent également qu’écrire et recevoir un nombre élevé de textos par jour cause des troubles du sommeil, les messages réveillant les adolescents en pleine nuit.

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Une adolescente sur son téléphone via Shutterstock

Une récente étude souligne un étroit lien entre les SMS et les problèmes scolaires, mais ne précise pas si les textos ont une incidence directe sur les mauvais résultats à l’école. « Je ne pense pas que les textos soient à l’origine des problèmes scolaires. Je pense qu’il s’agit plutôt d’un problème d’attention », déclare la psychologue Kimberly Young qui a fait de nombreuses recherches sur le sujet. C’est vrai après tout, si vous êtes constamment en train de vérifier votre téléphone, comment voulez-vous étudier dans les meilleures conditions ?

Pour approfondir leur étude, des chercheurs on distribué un questionnaire à 403 élèves américains pour évaluer combien d’entre eux sont des accros du SMS. Le test comportait 14 questions, en voici quelques-unes : Passez-vous plus de temps à envoyer des SMS qu’à faire vos tâches quotidiennes ? Avez-vous déjà passé beaucoup de temps à envoyer des textos sans en avoir l’intention ? Avez-vous déjà mal réagi quand quelqu’un vous a dérangé lorsque vous écriviez un message ? D’autres questions étaient destinées à faire un lien entre le sommeil et les textos, certaines pour se renseigner sur les adolescents qui ont déjà essayé mais qui ont été incapables de réduire le nombre de SMS envoyés par jour, et enfin si certains d’entre eux vont jusqu’à mentir sur le nombre d’heures totales passées à envoyer des messages.

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Une adolescente choquée par sa note via Shutterstock

Sur les 403 élèves qui ont participé à l’étude, 47 ont déclaré ne pas envoyer tous les jours des SMS. Ces derniers ont donc été écartés de l’analyse. Parmi les 356 étudiants restants, les filles sont beaucoup plus susceptibles d’être de vraies accros du texto. Environ 12 % des filles, soit une sur huit, se sont avérées totalement dépendantes aux SMS, tandis que seulement 3 % des garçons avaient le même problème. En moyenne un « textoteur » compulsif envoie plus de 100 messages par jour. Ils ne sont pas difficiles à reconnaitre, ce sont ces jeunes gens totalement déconnectés du monde, qui dans le métro ont leurs doigts qui virevoltent de droite à gauche à la vitesse de la lumière ! Les chercheurs se sont ensuite penchés sur les notes de ces jeunes accros aux SMS, ainsi 14 % des filles de cette catégorie déclarent avoir des notes aux alentours de C. Quant aux garçons « textoteurs » compulsifs, ils affirment avoir des notes qui varient autour de B.

Kelly M. Lister-Landman explique cette différence en émettant l’hypothèse que les SMS des filles se concentrent davantage sur les relations et qu’ils sont donc plus chargés d’émotions, leur causant davantage d’anxiété que les garçons. Des études ont montré, par ailleurs, qu’utiliser son téléphone pour communiquer sur des problèmes sentimentaux est plus fréquent chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes.

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Un joueur compulsif via Shutterstock

Pour réduire le temps passé à écrire des textos chez les jeunes, il est donc vivement conseillé aux parents concernés d’insister pour que leurs enfants éteignent leurs téléphones portables de temps à autre. De leur demander de les ranger lorsqu’ils font leurs devoirs, et de créer des zones sans écran à la maison. Les psychologues insistent sur le fait qu’il est important de prendre le temps de dîner tranquillement sans téléphone pour consacrer ce temps libre à sa famille.

À la rédaction, ces recherches nous ont beaucoup intéressés ! Il est vrai qu’il devient vraiment compliqué d’arracher le téléphone portable aux jeunes générations ! Les smartphones signeraient-ils la fin de l’humanité, le début d’une nouvelle ère dans laquelle nos relations ne se feront qu’à travers des écrans ? Faites-vous partie de ces personnes complètement dépendantes de leur smartphone ou pouvez-vous vous passer de ce moyen de communication une journée entière ?

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