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10 adaptations cinématographiques des chefs-d’œuvre de la littérature enfantine de Roald Dahl

Rares sont les auteurs qui ont offert au monde des œuvres aussi imaginatives et poétiques que celles de Roald Dahl. Auteur iconique du 20e siècle, l’écrivain anglais a su mêler brillamment l’univers optimiste des enfants à celui plus sombre des adultes. De nombreux réalisateurs se sont essayés à l’adaptation de ses œuvres avec plus ou moins de succès. Jugez par vous-même, avec cette liste de 10 films adaptés des livres de Roald Dahl.

Charlie et la Chocolaterie (Mel Stuart) – 1971

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Personnage favori de l’univers de Roald Dahl, Willy Wonka a été porté deux fois à l’écran, mais pour certains, l’adaptation originale de 1971 reste de loin la meilleure. L’histoire relate les aventures du petit Charlie. Issu d’une famille très pauvre, le petit garçon espère obtenir le dernier ticket d’or qui lui ouvrira les portes de la chocolaterie Wonka et remporter comme prix alléchant des friandises à l’infini. Après quelques déceptions et beaucoup d’espoir, Charlie remporte finalement le dernier ticket doré. Une fois à l’intérieur de la chocolaterie, le petit garçon fait la connaissance de l’étrange Mr Wonka et de ses Oompas-Loompas.

Cette première adaptation fut fastidieuse à réaliser. L’auteur engagé pour écrire le script (qui fut par la suite modifié malgré lui par le scénariste David Seltze) fut très souvent en désaccord avec la production. Déçu du choix de l’acteur porté sur Gene Wilder, Roald Dahl bouda la version finale du film. Pourtant excellent dans le rôle de Willy Wonka, Wilder apporte toute la dimension ambiguë du personnage, un homme jovial qui possède néanmoins un côté obscur. Très vintage, ce film atypique offre une version légèrement différente de l’oeuvre originale. Plus axé sur Willy Wonka, le film délaisse quelque peu le reste des personnages. Également plus sombre, cette première version de Charlie et la Chocolaterie peut même s’avérer un peu creepy pour les spectateurs les plus jeunes. Malgré ces petits changements, le film reste fidèle à l’ambiance toute particulière du célèbre livre de l’auteur anglais.

 

Danny, le champion du monde (Gavin Millar) – 1989

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Mettant en scène le père et le fils, Jeremy et Samuel Irons, ce film optimiste a lieu dans l’Angleterre des années 1950. L’histoire relate les aventures du jeune Danny, qui vit dans une caravane avec son père William, proche du garage automobile dans lequel ils travaillent ensemble. Businessman sans scrupules, Victor Hazelle débarque dans leur vie et leur annonce qu’il projette d’acheter le terrain sur lequel ils vivent, afin d’en créer un lotissement de haut standing. Refusant de quitter leur précieux foyer, William et Danny subissent les menaces d’Hazelle. Bien décidé à garder ce qui leur appartient, les deux héros vont mettre tout en oeuvre pour se venger des méfaits de l’avide businessman.

« Danny, le champion du monde« , production anglaise, fut conçu comme un téléfilm pour les USA mais fut exploité en salles en Europe et en Australie entre 1989 et 1991. Roald Dahl exprima un avis très positif sur ce film, en vantant notamment les mérites des acteurs et le travail de toute l’équipe de production. Le film serait même son adaptation préférée.

 

Le Bon Gros Géant (Brian Cosgrove) -1989

THAMES TV ARCHIVE

Cette adaptation du livre homonyme de Roald Dahl raconte l’histoire d’une petite fille prénommée Sophie qui un matin, est soudainement arrachée de son orphelinat par Le Bon Gros Géant. Entraînée dans les contrées du géant, elle est vite rassurée lorsqu’elle comprend que le travail de son ravisseur est de collecter, cataloguer et transmettre les plus jolis rêves aux enfants endormis. Une nuit, alors que la petite Sophie se joint à sa quête, les deux amis se font pourchasser par de méchants géants dévoreurs d’enfants.

Drôle et attachante, cette adaptation fut diffusée pour la première fois le jour de Noël sur ITV en 1989. Principalement destiné à la télévision ou au marché vidéo, le film reçut des critiques et des avis positifs et connut un fort succès en Grande-Bretagne. Quelque peu daté (25 ans tout de même !) le film ne trouve plus vraiment grâce aux yeux du public actuel. Néanmoins, les fans du livre peuvent se réjouir, puisque c’est le grand Steven Spielberg qui s’attelle au remake du Bon Gros Géant, une adaptation en prises de vue réelles prévue pour 2016.

 

Les Sorcières (Nicolas Roeg) – 1990

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Adapté du livre éponyme de 1983, Sacrées Sorcières est un superbe conte horrifique pour enfants. Alors qu’il est resté à l’hôtel en compagnie de ses grands-parents, Luke surprend par inadvertance un congrès de sorcières. La Grande Haute Sorcière (Angelica Huston) y révèle ses plans diaboliques. En effet, cette dernière complote de se débarrasser de tous les enfants d’Angleterre en les transformant en petites souris. Lorsque les sorcières s’aperçurent que Luke les espionnait, elles décidèrent d’essayer le maléfice sur lui ! Avec l’aide d’Helga sa grand-mère et du directeur de l’hôtel Mr Stringer, Luke devenu une petite souris va se battre contre les affreuses sorcières. Ce film est probablement l’une des plus célèbres adaptations des œuvres de Roald Dahl, notamment grâce à la scène où La Grande Haute sorcière arrache sa peau humaine pour découvrir son hideux et verruqueux visage de sorcière – une remarquable séquence représentant toute la magie des effets spéciaux utilisés pour ce film.

Les deux réalisateurs Nicolas Roeg et Jim Henson ont associé leurs talents pour cette fabuleuse adaptation. Même si le film reste assez fidèle, la fin a été modifiée afin d’être plus “hollywoodienne”, un changement qui ne fut pas au goût de Roald Dahl qui révéla ne pas avoir détesté ce dénouement…

 

Groom Service (Allison Anders, Alexandre Rockwell, Robert Rodriguez, Quentin Tarantino) – 1995

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Probablement l’une des adaptations les plus oubliées et malmenées par la critique, le film Groom Service est inspiré d’une oeuvre pour adultes de Roald Dahl. Composée de quatre sketches, cette production d’anthologie est en partie réalisée par Quentin Tarantino, qui adapta le texte « L’Homme du sud » de l’auteur anglais, pour la quatrième et dernière partie du film. Mettant en scène Bruce Willis (qui joue bénévolement) et Quentin Tarantino lui-même, l’histoire « The Man from Hollywood” raconte le pari absurde de deux riches hommes dans le penthouse de l’hôtel.

Même si le récit est soutenu par ces acteurs de prestige, le film ne parvient pas à prendre de l’ampleur et ne trouve pas son public. Considéré comme un projet prétentieux par les critiques, les réalisateurs Robert Rodriguez, Allison Anders, Alexandre Rockwell et Quentin Tarantino essuient un échec cuisant. Seul le troisième sketch « The Misbehavior » de Robert Rodriguez semble trouver grâce aux yeux du public sans pour autant parvenir à le faire décoller au box-office. Il s’agira sans doute de l’adaptation la moins favorable à l’oeuvre de Roald Dahl qui eut tout de même le mérite de révéler de jeunes acteurs de talent tels que Tim Roth, Antonio Banderas et Salma Hayek.

James et la Pêche géante (Henry Selick) – 1996

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Réalisé par Henry Selick (connu pour avoir réalisé L’Etrange Noël de monsieur Jack) James et la Pêche géante est un film d’animation visuellement saisissant. La première partie du film se concentre sur la vie du petit garçon avec ses deux horribles tantes Piquette et Éponge, tandis que la seconde, animée en stop motionrelate l’aventure de James au cœur de la pêche géante. Dans son nouveau refuge juteux, le petit garçon fait la rencontre de six insectes forts étonnants, qui deviendront bientôt une sorte de seconde famille. Grisés par leur nouvelle liberté, les héros vont poursuivre leur rêve en se rendant à New York.

Parsemée de péripéties, l’aventure du petit James tient les promesses de l’oeuvre éponyme et offre un divertissement original. Nous retenons de ce film de magnifiques scènes telles que le nuage rhinocéros chargeant à toute vitesse à travers le ciel, ou la pêche géante tirée par des mouettes au-dessus de l’océan Atlantique. Les voix des personnages sont parfaitement interprétées et donnent du punch à un film qui peut parfois souffrir de lenteur. Cependant, cette adaptation parvient à rendre l’atmosphère conviviale et joviale du livre de Roald Dahl et reste une valeur sûre pour enchanter toute la famille.

 

Matilda (Danny DeVito) – 1996

Matilda

Matilda ne possède pas toute la dimension fantaisiste des autres adaptations, mais reste tout de même l’un, si ce n’est LE film au plus grand potentiel magique. Captivant d’imagination, Matilda est soutenu par des acteurs de talent et une candeur totalement envoûtante. Matilda, c’est l’histoire de cette toute petite fille qui, à l’âge de trois ans, savait épeler son nom, se faire des pancakes et qui surtout débutait une belle et longue histoire d’amour avec les livres. Adorable et différente, la petite fille doit faire avec une famille qui la rejette. En effet, apeurés par son intelligence et excédés par son caractère innocent et sincère, les parents de Matilda l’ignorent complètement. Mais l’avenir sourit bientôt à la petite fille qui rentre à l’école et fait la connaissance de la douce Mlle Candy. Avec elle, Matilda peut assouvir sa soif de savoir. Mais, malheureusement même à l’école la petite fille doit faire face à un autre cauchemar ambulant : la principale Mme Legourdin. Au cours de l’histoire, Matilda découvre qu’elle a des pouvoirs de télékinésie qu’elle peut utiliser pour rendre justice à sa manière. Aventureuse, l’intelligente fillette va aider sa maîtresse à reprendre le dessus sur sa vie et récupérer ce qui lui revient de droit.

Cette adaptation drôle, intemporelle et pleine de fraîcheur, reste sans doute le plus grand succès de cette compile. Ce film fait écho à ceux qui se sont un jour sentis « en dehors du moule », et offre aux spectateurs ce que les livres offrent à Matilda. “L’esprit de Matilda continua à mûrir, nourri par les auteurs qui avaient jeté leurs livres au monde comme des navires à la mer. Ils lui firent parvenir un message réconfortant : Tu n’es pas seule.

 

Charlie et la Chocolaterie (Tim Burton) – 2005

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Avec les années 2000, une nouvelle ère débute pour les adaptations des romans de Roald Dahl. Si toutes les adaptations précédentes avaient reçu un accueil assez favorable, elles ont néanmoins souffert de budgets limités et de problèmes d’exploitation en salles. En 2004, la Warner lance le tournage de Charlie et la Chocolaterie, sous la direction de Tim Burton avec en tête d’affiche son acteur fétiche Johnny Depp. Pour ne pas trop abuser de l’aspect trop aseptisé des images de synthèse, Burton choisit de tourner les scènes de la chocolaterie dans des décors réels.

Cette fois le personnage de Charlie (interprété par Freddie Highmore) prend plus d’ampleur et récupère sa place de héros du récit. Incarné par Johnny Depp, Wonka est représenté comme un personnage haut en couleur et complètement déjanté. Ciblant un public jeune, le chocolatier excentrique perd son aura sombre et ne suscite pas la même ambiguïté inquiétante. Sorti en juillet 2005, le film connaîtra un large succès et sera salué par la majorité des critiques. Cette adaptation reste certainement la plus connue du public dû à son budget de grosse production hollywoodienne mais aussi car il s’agit de la première adaptation portée par un réalisateur iconique.

 

Fantastic Mr. Fox (Wes Anderson) – 2009

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Amateur de larcin, Mr. Fox (doublé par Mathieu Amalric) est finalement rattrapé par ses filouteries. En effet, trois “dangereux” éleveurs de poulets, fatigués que Foxy le renard dérobe la nourriture de leurs volailles, décident de le pourchasser et de l’éliminer dans sa tanière. Pour sauver sa peau et celle de sa famille, Mr. Fox va mettre tous les animaux de la forêt à contribution et user de ruses comme jamais.

Amené à la vie par le réalisateur Wes Anderson, Mr. Fox est méticuleusement animé par la technique du stop motion. De la même manière, chaque scène du film est soigneusement préparée afin de rendre l’atmosphère toute particulière d’un film d’animation fait “main”. L’univers rétro d’Anderson exclut les images de synthèse et débouche sur des techniques plus traditionnelles s’axant sur la 2D. Assez fidèle au livre de Roald Dahl, le scénario offre cependant un humour plus mature et représente le héros davantage comme un dandy que comme un renard malicieux. A cheval entre l’univers enfantin et adulte, Fantastique Mr. Fox reprend les principaux éléments du récit éponyme de Roald Dahl et nous offre une adaptation fidèle et énergique.

 

Un amour de tortue (Dearbhla Walsh) – 2014

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Un amour de tortue est la seconde adaptation télévisuelle d’un livre de Roald Dahl. Publié en 1990, le livre raconte l’histoire de Mr Hoppy, un vieux gentleman timide qui depuis des années, est secrètement amoureux de Mme Silver, une vieille dame vivant au rez-de-chaussée de son immeuble. Mme Silver, quant à elle, est inquiète du sort de sa tortue domestique, qui n’a pas pas du tout grandi ces dernières années. Ayant pris connaissance de son trouble, Mr Hoppy décide de monter un plan pour lui venir en aide. Sûr de sa bienveillance, il lui propose un “sort” qui lui permettra de faire grandir sa tortue un peu plus chaque jour. En réalité, Mr Hoppy profite de l’absence de Mme Silver pour échanger sa petite tortue avec un spécimen plus grand. Folle de joie, Mme Silver croit alors aux pouvoirs du sort “ESIO TROT, ESIO TROT » (Tortoise à l’envers) et c’est alors que les ennuis vont commencer pour Mr Hoppy. Portée par Dustin Hoffman et Judi Dench, cette comédie familiale a été diffusée en 2014 sur la chaîne BBC et a connu un large succès de la part du public.

 

Plus originales les unes que les autres, les adaptations des œuvres de Roald Dahl ont presque toutes fait l’unanimité chez les spectateurs. Manquant parfois cruellement de budget ou de moyen de distribution, certaines de ces adaptations pourtant réussies, restent méconnues du public et si l’auteur lui-même n’a pas toujours été satisfait du résultat final, la plupart de ces films rendent brillamment hommage à son imaginaire et son humour candide. S’adressant aussi bien aux adultes qu’aux enfants, les contes intemporels de Dahl continuent d’être une source d’inspiration pour des réalisateurs de tous horizons. Parmi ces adaptations, lesquelles avez-vous déjà vues ?

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