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Ces dessins animés cultes de notre jeunesse n’ont en fait pas du tout été créés pour les enfants !

Souvenez-vous, au début des années 1990, les mangas et surtout les animes provoquaient encore de violentes polémiques au sujet de la violence qu’ils montraient aux jeunes… Seulement, tout cela aurait pu être évité si certaines émissions, comme le célèbre Club Dorothée, n’avait pas voulu voir uniquement en eux des productions pour enfants. On vous en dit un peu plus sur ce décalage culturel étonnant.  

 

L’émission Club Dorothée, diffusée de 1987 à 1997, a produit un évènement marquant dans le paysage télévisuel et culturel français : elle a popularisé les séries d’animation japonaises dans l’hexagone. Seulement, grâce à l’ami Walt Disney entre autres et sa mainmise sur le dessin animé en occident, le public occidental a tendance à ne voir le dessin animé que comme un divertissement pour enfants (sans que cela soit une mauvaise chose).

Or, au Japon, les codes culturels ne sont pas les mêmes et les histoires matures et violentes ont autant le droit à des adaptations en dessins animés que des productions plus légères et enfantines. Seulement, le Club Dorothée, destiné aux enfants, achetait en masse les dessins animés disponibles sur le marché, sans se soucier au premier abord de leurs contenus… donnant naissance à ces décalages culturels étranges.

Dragon Ball Z

Au coeur des polémiques concernant la violence des animes, la série Dragon Ball Z a déchainé les passions au moment de sa diffusion dans le Club Dorothée entre 1990 et 1996. La série fut fustigée pour sa violence mais également pour son soi-disant manque de qualité visuelle et scénaristique… Mais ce jugement arbitraire est probablement la résultante de l’accoutumance du public français aux canons esthétiques imposés par Disney en matière de dessin animé.

 

Ken le Survivant

https://www.youtube.com/watch?v=tZRYmhfkD_c

S’il y a bien un dessin animé japonais qui a connu moult polémiques dans les années 1990, c’est Ken le Survivant. On sait que la production du Club Dorothée achetait des « packages » de dessins animés japonais sans se préoccuper de leurs contenus, seule leur forme animée ayant un attrait. Du coup, Hokuto no Ken, l’anime post-apocalyptique pour adolescents et particulièrement violent, a fini diffusé dans une émission pour enfants… Erreur de destinataires, car malgré la coupure de nombreux passages, la série demeurait violente.

 

Les Chevaliers du Zodiaque

Les Chevaliers du Zodiaque représentent un exemple canonique de shonen, ces mangas visant principalement un public adolescent masculin au Japon, et l’anime qui en est tiré suit bien sûr cette prescription. On y trouve un héros qui s’allie à d’autres personnages pour combattre le mal au cours de batailles sanglantes… Pas vraiment le genre de spectacle que tout le monde veut laisser voir à ses enfants, et Les Chevaliers du Zodiaque ont connu leur lot de coupes sombres de la part des censeurs, sans pour autant les rendre plus adaptés à un public plus jeune.

 

Nicky Larson

Nicky Larson, ou City Hunter, est de loin l’anime qui a connu le plus de vicissitudes en arrivant dans nos contrées. La série d’origine présente les enquêtes de Nicky Larson (Ryo Saeba en version originale), un détective privé qui se distingue notamment par son obsession pour le sexe. Qu’à cela ne tienne, pour adapter la série à un (très) jeune public, les scènes de nu et de violence ont été coupées, et surtout les dialogues ont été totalement réécrits : les « méchants » se désignent comme tels et portent des surnoms ridicules, et Nicky invite ses conquêtes dans des « restaurants végétariens » plutôt que dans des Love Hotel… Paradoxalement, c’est cette adaptation ahurissante qui a aidé à faire la célébrité de la série en France.

 

Ranma 1/2

Ranma 1/2 est la preuve s’il en est que la volonté de diffuser des animes dans le Club Dorothée est allée trop loin, puisque la série a subi une censure tellement lourde qu’elle en perdait presque son concept de base : le personnage principal, Ranma, est tombé un jour dans une source maudite, ce qui fait qu’à chaque fois qu’il entre en contact avec de l’eau froide, il se transforme en femme (le seul moyen pour lui de redevenir un homme étant d’entrer en contact avec de l’eau chaude). Vous l’aurez compris, nos censeurs ont cherché à atténuer par tous les moyens ces histoires de changement de sexe, et la série y a perdu tout ce qui faisait son originalité et son humour.

 

Ces séries ont marqué toute une génération d’entre nous, car malgré (ou grâce à :P) leurs localisations françaises bancales et déplorables elles étaient épiques, matures et surtout incroyablement nouvelles. Bon, on ne va pas cracher sur Disney (on se souvient avec autant de nostalgie du Club Disney), mais il faut dire que cela nous a ouvert d’autres horizons. Laquelle de ces séries vous a le plus marqué ?

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— @DailyGeekShow